10 ingrédients à bannir en cosmétique

Nadine Fabréga

Directrice scientifique des Laboratoires PHYT’S

Le 25 janvier 2017

Gel douche, shampooing, crème hydratante, maquillage… nous utilisons au quotidien des dizaines de produits cosmétiques. Nous oublions parfois qu’une utilisation externe peut aussi être nuisible à la santé.

Notre peau est une vraie éponge, les substances chimiques dangereuses qui composent parfois les soins du quotidien pénètrent dans notre organisme.

Il faut donc être particulièrement vigilants en ce qui concerne les ingrédients cosmétiques des produits que nous utilisons.

L’exposition aux perturbateurs endocriniens est de plus en plus reliée aux grandes maladies contemporaines : troubles de la reproduction, troubles neurocomportementaux, cancers hormonodépendants et écotoxicité.

Voici un point sur 10 ingrédients cosmétiques à absolument éviter.

1. Le méthylisothiazolinone (MIT) et le méthylchloroisothiazolinone (MCIT)

Ces ingrédients utilisés comme conservateurs, que l’on trouve dans les crèmes hydratantes, les lingettes pour bébés, les shampooings… sont des allergènes dont on a beaucoup parlé ces dernières années. En effet, avec la remise en cause des parabens, ils ont été plus souvent intégrés dans la composition des cosmétiques. Ces substances sont très allergisantes pour toute la famille, particulièrement dans les produits non rincés qui restent en contact avec la peau de façon prolongée.

2. L’ethyhexyl methoxycinnamate, les benzophénones

Présents dans les crèmes de jour, les fonds de teint mais aussi les sticks à lèvres, ces filtres anti-UV font partie des perturbateurs endocriniens, ces agents chimiques qui peuvent bouleverser l’équilibre hormonal. Contrairement aux apparences, ces ingrédients cosmétiques ne sont pas uniquement présents dans des produits solaires ou faisant mention d’une protection contre les ultraviolets. On les trouve souvent utilisés inutilement dans des produits capillaires ou lotions après-rasage par exemple, parfois pour protéger les textures des UV dans des contenants transparents.

L’Afssaps recommande d’ailleurs d’en limiter l’utilisation.

3. Le BHA

Le butyl hydroxyanisole est utilisé comme antioxydant et conservateur pour les corps gras des crèmes hydratantes, les shampooings…

Cet ingrédient cosmétique, suspecté d’être un perturbateur endocrinien (baisse des taux hormonaux), fait partie des substances potentiellement cancérigènes selon le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer). De fait, il est de plus en plus rare dans l’offre cosmétique.

 4. Le butylparaben, methylparaben, ethylparaben, propylparaben

Les parabens font parler d’eux depuis de nombreuses années. Les plus dangereux sont interdits depuis 2014 (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben), d’autres sont autorisés en limitant leur concentration, alors qu’ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens… Bref, il est difficile de s’y retrouver.

Si tous les parabens ne sont pas à considérer de la même façon, il faut toutefois se méfier de ce conservateur et retenir que ceux commençant par P ou B ne sont « Pas Bons » !

5. La phénylènediamine

Cet ingrédient cosmétique est un colorant que l’on trouve principalement dans les colorations capillaires ou les tatouages éphémères. Cette substance très allergène est un sensibilisant fort qui peut entraîner l’eczéma.

Il peut aussi contenir des métaux lourds toxiques pour le cerveau.

6. Le triclosan

Le triclosan est un conservateur antibactérien présent dans les déodorants, les nettoyants intimes ou les dentifrices. Ce biocide est aussi beaucoup utilisé dans les savons et gels antibactériens.

C’est un perturbateur endocrinien pouvant bouleverser le fonctionnement du système hormonal. Il est soupçonné d’être responsable de certains cancers et d’altérer la fertilité.

Son utilisation est d’ailleurs remise en cause face à la résistance de certaines bactéries.

7. Le phénoxyéthanol

Ce conservateur est surtout à proscrire chez les enfants de moins de 3 ans, en particulier pour les soins du siège qui ne sont pas rincés. L’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande d’ailleurs de ne pas utiliser de lingettes pour bébés contenant du phénoxyéthanol.

Il est cependant autorisé à une concentration limitée à 1 %. Cet ingrédient cosmétique peut provoquer de l’eczéma ou de l’urticaire, mais serait surtout toxique pour le foie des bébés.

Il traverse la barrière placentaire et présente un risque pour la reproduction.

8. Le diéthylphtalate

C’est un perturbateur endocrinien (baisse de la fertilité, malformations, cancers), écotoxique.

Les phtalates sont utilisés dans les vernis et les parfums de synthèse.

9. Le cyclopentasiloxane

C’est un perturbateur endocrinien dont les dangers sont liés aux fonctions reproductrices.

Non biodégradable, il est bioaccumulable et toxique pour la flore et la faune.

C’est un dérivé du silicone, utilisé comme émollient pour adoucir la peau. Il donne une sensation d’hydratation immédiate, même si elle n’est que superficielle.

On trouve cet ingrédient cosmétique dans les shampooings, les laits corporels ou les déodorants.

10. Nonylphénol

C’est un perturbateur endocrinien qui présente un risque potentiel pour la fertilité et le fœtus par son action œstrogénique. Cancérigène, il est aussi particulièrement écotoxique.

C’est un tensio-actif utilisé dans des shampooings.

La chasse aux substances indésirables n’est pas simple.

Il est difficile de retenir tous ces noms très compliqués. Pour vous y retrouver, vous pouvez télécharger « la carte repère UFC que choisir » et la glisser dans votre portefeuille pour repérer les ingrédients cosmétiques les plus nocifs au moment de vos achats.

Alternative : suivre les labels et notamment « Cosmebio » qui vous assure une composition naturelle et en partie issue de l’agriculture biologique.

Choisir des produits cosmétiques naturels et bio, c’est s’offrir des soins respectueux de la peau et de l’environnement.

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Commentaires

  • deplaine
    Le 31 janvier

    J utilise les produits phyts visage ( crème phytonagre absolue ) depuis plusieurs années. Je suis satisfaite .Il y a 6 mois je ai commandé les capsules fermeté anti age que je n ai toujours pas consommées car la gélule contient du dioxyde de titane (E171) .C’est une nanoparticule qui peut s avérer dangereuse pour la santé ( cancérigène ) je suis très surprise que vous le utilisiez dans vos produits alors qu il n y a pas encore assez de recule concernant le utilisation de ces nanoparticules .J aimerais avoir une réponse. Je précise que vous ne êtes pas la seule marque bio à utiliser ce dioxyde de titane. Je le ai retrouvé dans rouge à lèvres crème solaire etc )

    • Elodie
      Le 1 février

      Bonjour et merci pour votre message.

      Le dioxyde de titane peut exister sous plusieurs granulométrie (taille): nanométrique ou Non nanométrique.
      Les nanomatériaux sont transparents.
      Le dioxyde de titane dans nos CA est un constituant de la tunique de la gélule. Il lui donne sa couleur blanche.
      Ce dioxyde de titane se présente ici sous forme NON nanométrique, car ce que l’on recherche c’est justement sa couvrance afin de teinter la gélule et surtout pas une transparence..

      Bien cordialement.
      Nadine

  • Micheline Carpels
    Le 22 septembre

    Bonsoir, Merci pour votre article. C’est vrai qu’il est difficile de retenir tous ces nom 🙁 Merci pour la petite carte aide mémoire. Bon weekend 😉

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