Les Récupérables, pour une mode éthique et branchée

Elodie Dupré

Rédactrice mode-beauté

Le 20 mai 2017

Être stylée et éco-engagée, c’est possible, et même recommandé. On est en 2017, Madame ! Anaïs Dautais Warmel, la jeune et audacieuse créatrice de la marque « Les Récupérables », l’a plus que compris ; elle compose une seconde vie « fashion » aux tissus d’ameublement. Entre ses doigts, les rideaux de Mamie, qui ont un bon karma, se réincarnent en combi-short sexy. À découvrir absolument.

Anaïs Dautais Warmel des Récupérables


Anaïs, pourquoi vous êtes-vous tournée vers la mode « responsable » ?

Il y a quelque temps, tout s’est aligné ; mes activités précédentes m’ont naturellement tournée vers la mode responsable. Mon éducation tout d’abord, teintée d’une  grande liberté couplée avec les valeurs de l’écologie, mes séjours au pays de l’upcycling, le Brésil, mon arrivée dans les squats artistiques parisiens, mon travail dans les boutiques vintage du Marais, mes missions de styliste pour des pièces de théâtre, des courts-métrages, des clips vidéo, ma formation théâtre, mais aussi mon goût nostalgique pour le vintage refusant l’obsolescence et laissant toujours entrevoir un détournement possible… ont déterminé mon projet actuel.

C’est en travaillant durant trois ans en tant que responsable de la boutique solidaire de la Ressourcerie de La Petite Rockette que j’ai eu le déclic, avec ce constat qui fait la signature des Récupérables : « pourquoi produire encore, alors qu’il y a tant de matières à réutiliser ? » Tous les tissus utilisés pour confectionner les collections sont sélectionnés dans nos ressourceries partenaires : La Petite Rockette, la Fabrique à Neuf, La Collecterie, Approche et Emmaüs Alternatives.

Quand je regarde en arrière, je me dis que c’était une évidence. Toute mon enfance a été baignée par la couture. Je passais des heures debout sur la table de la véranda pour que ma grand-mère puisse réaliser et ajuster de nouveaux modèles. Nous allions chez le marchand de tissus où je choisissais, très déterminée, les imprimés, les coloris et la matière de mes futures robes. Cette douce complicité avec ma grand-mère, qui m’a transmis son savoir-faire et qui me permettait de dire si je préférerais telle ou telle finition, a nourri mon goût pour la mode dès mes 6 ans. Pas étonnant que jusqu’à mes 25 ans je me sois changée trois à quatre fois par jour pour expérimenter de nouvelles tenues 🙂les récupérables by phyts

Qu’est-ce qui vous révolte le plus dans la mode actuelle ?

Je ne saurais par quoi commencer… les 80 milliards de vêtements mis sur le marché chaque année, l’obsolescence programmée des vêtements dont la durée de vie n’est que de 36 jours dans nos armoires, les 6 000 substances toxiques utilisées et, par-dessus tout, l’exploitation des ouvriers du textile. J’ai une pensée toute particulière pour les travailleurs et travailleuses du Bangladesh en ce temps de commémoration de l’effondrement du Rana Plazza, le 24 avril 2013. Cette catastrophe, qui aurait pu être évitée, a donné naissance à la Fashion Revolution, mouvement citoyen qui fait bouger les lignes en interrogeant les marques avec la fameuse question « Who made my clothes? » Avec un groupe d’acteurs de la mode responsable, notamment Sébastien Kopp, cofondateur de VEJA et de Centre Commercial, Laura Brown, d’ETHIPOP, Sarah Forst et Lucile Grémion, de Badass Ethical Show, Claire Chouraki, de Dream Act, et Guillaume Doval, de Loom, nous avons monté une série d’actions sur les bords du canal Saint-Martin.

Quelle est votre vision de la mode telle qu’elle devrait être aujourd’hui et demain ?

Transparente, saine, respectueuse de Mère Nature et résolument mode !

Qu’est-ce que vous proposez concrètement aux femmes avec Les Recupérables ? Pourquoi acheter vos pièces ?

De ne pas transiger entre style et engagement. Tout simplement de faire de leur exigence une élégance, en ne cautionnant pas les désastres engendrés par l’industrie du textile.

Et puis avoir la même robe qu’une autre? Pour quoi faire? Dans une société lissée par l’uniformisation, je propose aux femmes de l’authenticité grâce à des pièces uniques aux coupes couture et aux imprimés de caractère.

Les femmes faisant partie de la communauté me rapportent souvent les réactions de leurs amis ou d’inconnus qui les interpellent au sujet de leur tenue, elles esquissent un sourire et rétorquent qu’elle est faite de linge de maison vintage et confectionnée en France en atelier d’insertion. Elles donnent l’adresse volontiers puisqu’il n’y a pas de risques de copié-collé, cette pièce ne peut refléter que leur personnalité unique…

Pourquoi avoir choisi Phyt’s comme partenaire beauté ?

En cherchant la cohérence à 360° dans la démarche de la marque, je me suis mise à la recherche d’un partenaire audacieux qui partage les mêmes valeurs que moi. C’est tout naturellement que je me suis tournée vers PHYT’S pour ses engagements. La marque veille aussi bien à la qualité de ses compositions qu’à son image, miroir d’une femme dont la beauté naturelle transparaît.

Où découvrir vos pièces ? Quand et comment les acheter ?

Les Récupérables a pour habitude d’inviter son « Klub » à ses ventes secrètes dans des lieux atypiques pour offrir à ses membres un temps privilégié d’essayage et d’échange. Pour suivre nos prochaines ventes privées rendez-vous sur la page Facebook « Les Récupérables ».

Crédit Photo : Lou Sarda

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