L’optimisation des emballages : notre cheval de bataille depuis l’origine

Pascal Lebret

Directeur général

Le 17 juillet 2020

Interview de Pascal Lebret, directeur général des laboratoires Jérodia

Depuis quelques années, les images de plages recouvertes de plastique inondent les médias. La réduction et l’optimisation des emballages, le bannissement des matériaux non recyclables ou non recyclés sont devenus une priorité. Pour nos laboratoires, cela fait plus de 15 ans que cela en est une.

Réduction et optimisation des emballages : quels impacts et enjeux pour vous ?

P. L. : À l’origine, l’emballage était fonctionnel. C’était, avant tout, un contenant qui permettait la conservation, la protection et le transport des denrées périssables.

Au XXe siècle, avec la montée en puissance de l’industrie, le potentiel esthétique puis publicitaire du packaging se révèle. Artistes et pionniers du design s’emparent de ce nouvel espace d’expression. Les emballages sont vendeurs et ils se multiplient : portions individuelles, suremballage, packaging surdimensionné, etc.

Résultat : en 30 ans, le volume des déchets d’emballage a été multiplié par 5. Ces derniers représentent 50 % du volume de nos poubelles. Chaque année, des millions de tonnes d’emballages finissent à la décharge ou dans un incinérateur. Cela représente un véritable gâchis de matériaux et une augmentation de la pollution. Détourné de ses fonctions premières, l’emballage représente un fort impact environnemental.

Si le nombre d’emballages augmente encore chaque année, les consommateurs sont de plus en plus vigilants et la réglementation appelle, elle-même, à une réduction des emballages : la commission européenne s’est ainsi donné pour objectif que tous les emballages plastiques soient recyclables d’ici 2030.

En cosmétique, la problématique est complexe entre l’ergonomie d’utilisation et la conservation du produit, notamment lorsque celui-ci est bio et sans conservateur. L’optimisation des emballages et de leur impact n’en est pas moins l’une de nos priorités ces dernières années. 

Quels sont les engagements des Laboratoires Phyt’s à ce sujet ?

Nous utilisons toujours plus de matériaux recyclés ou recyclables, revalorisables énergétiquement pour emballer nos produits. Bien avant la mode des plastiques végétaux, nos tubes de rouge à lèvres étaient en amidon de maïs. D’ici la fin de l’année, d’autres produits pourraient être conditionnés dans des tubes entièrement fabriqués en matériau issu de végétaux.

Nous avons supprimé, dès que cela a été possible, les emballages secondaires sur nos produits. C’est le cas des gros conditionnements et du maquillage qui, auparavant, comportaient un étui.

En plus des efforts sur le suremballage lié à l’envoi de colis, nous allons encore optimiser, dans les semaines qui arrivent, tous les calages plastiques à coussins d’air qui permettent de préparer les colis et seront désormais en plastique recyclé à 50 % minimum.

Côté instituts, les blisters qui réunissent les soins professionnels étaient à l’origine en PVC. Depuis 2009, ils sont en PET, un plastique affiné qui permet de réduire le poids du produit, donc de réduire les dépenses énergétiques liées au transport de celui-ci. Le PET est, en outre, 100 % recyclable. Pour aller encore plus loin, d’ici 2021, les blisters seront élaborés en film plastique constitué d’au moins 50 % de matériaux recyclés.

D’autres projets sont à l’étude, comme la fabrication de flacons à partir de matériaux recyclés.

emballages optimisation

Au-delà de l’optimisation des emballages, avez-vous une approche environnementale globale ?

À une époque où régnait la pétrochimie en cosmétique, les Laboratoires Phyt’s ont proposé des produits bio, sans conservateur. Ils ont activement participé à la création du label Cosmébio pour que les consommateurs puissent y voir plus clair parmi toutes les allégations. Ils ont fait le choix du made in France et d’une approche la plus locale possible.

À ce propos, si le confinement et la crise de la covid-19 ont quelque peu ralenti certains projets, nous sommes en train de mettre en place des relations privilégiées avec des producteurs locaux, de lavande notamment. Nous espérons pouvoir bientôt en parler plus amplement.

Cet engagement, nous le retrouvons aussi en interne, au cœur même de l’entreprise. Depuis quelques années déjà, nos sites de production sont fournis en énergie verte. En juin 2019 a été mis en place un système de recyclage d’eau au niveau de l’usine de fabrication, à Caillac : les eaux de refroidissement, qui étaient jusqu’alors rejetées en fin de process, sont désormais collectées et rafraîchies par un système de pompe à chaleur pour pouvoir être réutilisées en production. Ce fonctionnement en circuit fermé nous a permis de diminuer notre consommation d’eau de 6 000 m3 sur un an ! Nous étudions également la possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques sur nos deux sites industriels.

Nous tenons beaucoup à ces projets moins visibles du grand public, mais qui constituent eux aussi l’ADN des Laboratoires Phyt’s.

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